à l'ombre d'un bouchon

Provence

, 12:00pm

 

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La Provence est considérée par-dessus tout comme le royaume des vins rosés. Il est vrai que cette couleur représente environ 70% de la production locale, et environ la moitié des rosés produits en France.

Malheureusement, cela a donné une image de qualité moyenne à la région alors que de grands vins rouges et blancs peuvent aussi y voir le jour.

La Provence compte environ 30 000 hectares en AOC, mais aussi de vastes zones de vin de pays.

En dehors du rosé, la région produit 25% de vins rouges et 5% de blancs pourtant aromatiques et intéressants.

 

Histoire :

Le vin est apparu en Provence il y a très longtemps, vers le VIème siècle avant JC, à l’époque des Phéniciens et des Phocéens.

Ce sont ensuite les Romains qui ont largement développé la culture de la vigne en même temps que celle des oliviers.

La suite a été beaucoup plus difficile pour ce vignoble qui a tout de même réussi à survivre aux maladies et aux guerres.

C’est au XIXème, alors que la Provence revient au premier plan qu’elle est balayée par le phylloxéra.

Le XXème est difficile avec un fort développement des coopératives qui favorisent la production de masse.

Certains vignerons défendent heureusement l’identité de leur vignoble et en 1936, seules quatre petites AOC voient le jour : Bellet, Palette, Cassis, Bandol.

La première appellation d’envergure régionale, Côtes de Provence, ne verra le jour qu’en 1977.

 

Géographie :

Le vignoble s’étend sur presque 500 Km le long de la mer Méditerranée, du sud d’Avignon à Nice.

La plupart des terroirs sont installés sur des coteaux avec des orientations diverses. Sur cette grande étendue, les sols sont évidemment très divers.

Le climat est méditerranéen avec des étés très chauds et secs. Les précipitations sont rares mais intenses.

Cette chaleur intense pousse une partie des vignobles à s’orienter vers le nord afin de conserver de la fraîcheur dans les vins.

 

Appellations :

-Côtes de Provence : c’est la grande appellation de la région avec ses 20000 hectares. Les rosés représentent environ 70% de la production. Les sols changent selon les zones. On trouve des schistes et du granit vers les Maures et une majorité de calcaire vers l’ouest.

-Coteaux d’Aix-en-Provence : 4200 hectares pour la deuxième AOC de la région. Elle se situe dans l’ouest de la Provence autour de la ville d’Aix et descend jusqu’à la Méditerranée. Les sols sont calcaires. On est uniquement sur le département des Bouches-du-Rhône.

-Coteaux Varois : 2100 hectares situés entre les deux grandes appellations régionales citées auparavant. On reste sur le même type de vins et sur une large majorité de rosés.

-Les Baux-de-Provence : cette appellation a une particularité unique en France puisque tous ses vignerons pratiquent la culture biodynamique. Sur environ 350 hectares, on produit surtout des vins rouges structurés, puissants et fins. On trouve aussi quelques rosés.

-Bandol : l’appellation la plus fameuse de la région s’est peut-être trop agrandi au fil des années pour arriver à environ 1500 hectares. Sa réputation est flatteuse, mais la qualité est hétérogène pour une moyenne de prix assez élevée. Les rosés ont malheureusement pris une trop grande place car les vignerons ont cédé à la facilité. En effet, ce sont bien les vins rouges qui sont les réels seigneurs de Bandol. Ils sont intenses, charpentés, de grande garde, avec des arômes de réglisse et de garrigue. La législation oblige à les vieillir au moins 18 mois en foudre de chêne. La production de blancs est confidentielle.

-Cassis : cette petite appellation de moins de 200 hectares est située à l’est de Marseille près de la côte. Contrairement au reste de la région, c’est ici le vin blanc aromatique et parfumé qui est la star et qui représente la majorité de la production. On a aussi des rosés et une petite part de rouges.

-Bellet : ce minuscule vignoble de moins de 50 hectares est situé sur les hauteurs de la ville de Nice qui le grignote petit à petit. L’aire classée potentielle est pourtant de 650 hectares, mais le prix de l’immobilier ne laisse que peu de chance à la vigne. C’est bien dommage, car les sols graveleux accompagnés de cépages locaux originaux donnent des vins intéressants. Les trois couleurs sont produites à parts à peu près égales. Les rouges sont charnus et les blancs aromatiques.

-Palette : on trouve peu de producteurs sur cette micro appellation (45 hectares) proche d’Aix. La qualité y est très élevée. Les vignobles sont orientés au nord et les cépages sont typiques. Les rosés sont structurés et fruités. Les rouges sont des vins de garde intenses. Les blancs, enfin, sont peut-être les plus remarquables grâce à leur intensité aromatique.

 

Cépages :

Comme nous l’avons vu, la Provence possède de nombreux cépages locaux, et ce sont eux qui sont le plus capables de tirer la région vers le haut.

Voici les principaux cépages cultivés dans la région :

Blanc : rolle, bourboulenc, vermentino, clairette, grenache, ugniblanc.

Rouge : grenache, carignan, syrah, cinsault, mourvèdre, braquet.

 

Autres : le cabernet sauvignon s’est beaucoup étendu dans certaines zones. Les vignerons ont tenté de lutter afin de défendre leurs cépages locaux. Cela a amené à l’éviction d’un des plus grands domaines de la région : le domaine de Trévallon. Sa majorité de cabernet fait qu’il est aujourd’hui obligé de produire en vin de pays des Bouches-du-Rhône.

 

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